UNIVERSITY
OF
DISTANCE

RÉCITS

Nager sur la frontière

Éditions Gallimard, Paris, 2013

Le pays de Cardamome : des boues du Bangladesh aux collines de l’Inde orientale, cette région étourdissante d’industrie et de mouvement fait face à l’immensité silencieuse du pays Or et Kaki, le Myanmar. En 2012 l’Arakan, le territoire tampon entre ces deux mondes, s’est enflammé ; des milices bouddhistes ont incendié des milliers d’habitations de musulmans pour les forcer à l’exil.
Familier des deux camps, l’auteur voyage avec des apatrides arakanais. À leur progression dans les zones tribales se superpose le parcours intérieur de l’écrivain voyageur : en créant des correspondances avec le territoire sahélien qu’il a quitté, en interrogeant la solitude et les désirs de son enfance lorraine, Antonin Potoski livre, sur d’étranges journées d’amitié dans les jungles frontalières, un témoignage d’une grande tendresse.

 

Cités en abîme

Éditions Gallimard, Paris, 2011
Prix Louis-Castex de l’Académie Française 2012

Sultanat d’Oman, Myanmar, Éthiopie, Bangladesh, Japon. Miliciens nilotiques nus et scarifiés, pluies ininterrompues, côtes en boue qui se disloquent, flashes des auréoles bouddhiques électroniques, avions de chasse bengalis, MP3 des hauts plateaux, zébus des Peuls, cabanes dans les palais de la Havane, silences ouatés du Sultanat, complicités pakistanaises, villes frontalières du Somaliland aux couleurs de dessins animés, collines d’Arakan, paillettes sur des bras sombres, fièvres de dengue : Cités en abîme décrit le voyage des années 2010.
Réaction à la supériorité humanitaire, questionnement des dominations culturelles bienfaitrices, le récit d’Antonin Potoski, ressenti à travers le corps, crée des appels d’air entre des situations éloignées, des passages secrets sous les continents.

 

Hôtel de l’Amitié

Éditions P.O.L, Paris, 2004
Édition espagnole : Hotel Amistad, Demipage, Madrid, 2005

Des villages suspendus au bord du Sahara, des trains à grande vitesse qui glissent sous des glaciers, des tours qui se dressent dans une atmosphère de jungle, des volcans dorés qui tombent à pic dans des baies d’huile, des avenues dont le goudron clignote, des passants que l’on fait exploser pour passer dans leur dislocation en flammes virtuelles, des militaires qui attendent derrière les lasers d’un night-club, des fillettes qui se tatouent les gencives avec un paquet d’aiguilles, des amis du Mali, du Japon et de l’Indonésie, des situations vertigineuses, un brouillage des limites du corps, une vie de voyages conçue comme un apprentissage de la liberté dans un monde sans extérieur où les touristes sont des justiciers en puissance, où notre pays et notre culture nous heurtent de front partout, aussi loin que nous allions. Car après nos propres émotions, nous voulons l’émotion des autres. Nous produisons des artistes du bout du monde, quitte à les inventer, en espérant pouvoir jouir de leur pensée. Et ensuite ? Il faudra être l’autre. On y viendra. Voici la logique du voyage aboutie, voici la modernité, voici le siècle qui s’annonce.

 

Les Cahiers dogons

Éditions P.O.L, Paris, 2001

Journées d’attente et de torpeur au pays dogon. Émotions aussi, émotions nombreuses, souvenirs d’enfance pour les comprendre. Surtout, ouverture constante à ce qui arrive, les corps, les gestes, la brûlure de l’air, cette grande brûlure, ce grand éblouissement qui font de ce pays le cœur du monde et dissolvent sa tristesse. Car là-bas, l’air même est émouvant. On est au milieu du continent : d’où qu’il vienne, chaque mètre de sable ou de roche l’a réchauffé.
« J’ai ici l’impression que je ne pourrai jamais être complètement ailleurs, c’est peut-être un beau piège de poussière, une erreur, mais je m’en brûle le visage et m’en extasie. »

 

La plus belle route du monde

Éditions P.O.L, Paris, 2000
Éditions Coréennes : 청춘•길 Maumsanchak, Seoul, 2001 et 2010

Ce sont des instantanés de voyage, en général réalisés avec des appareils très simples (des jetables…). Ils proviennent du monde entier, Asie, Afrique, Europe, Amérique latine. Ils saisissent toujours et soulignent, et approfondissent la beauté du monde, fugacité et permanence, force, fragilité. S’accordant étonnamment les uns aux autres, clairs ou sombres, clairs et sombres, ils vibrent et chantent sourdement à travers tout le livre. Et ce sont des textes, des descriptions très simples, des poèmes, des émotions, des souvenirs, des moments de grand trouble et de bonheur liés au dépaysement, au fait magique d’être ailleurs, de toucher, de sentir, de regarder de tous ses yeux.